Comment les ARS participent à l’envol de la télémédecine

Le quotidien du médecin - Extrait - Décembre 2019

Un an après l’entrée en vigueur de la télémédecine remboursée (téléconsultation, télé-expertise), les nouvelles pratiques à distance peinent à se développer. Les agences régionales de santé se mobilisent pour aider les professionnels à sauter le pas.

Comment la télémédecine est-elle déployée dans les territoires ? Quels sont les freins rencontrés ?

Cinq agences régionales de santé (ARS Aquitaine, Bourgogne-Franche-Comté, Normandie, Hauts-de-France et Grand-Est) ont témoigné de leur travail au quotidien lors d’un débat organisé par la Société française de télémédecine (SFT). Pour faire face aux difficultés d’accès aux soins, les régions ont fait du développement de ces nouvelles pratiques un axe stratégique des projets régionaux de santé.

Cependant la réalité est différente. Dans le Grand-Est, 600 médecins sur 23 000 font de la télémédecine. La région totalise 13 000 actes dont 6 900 téléconsultations (70 % localisées dans le Bas-Rhin).

Même témoignage en Bourgogne-Franche-Comté, une région « vaste, peu peuplée » avec des territoires souffrant de la pénurie médicale. « Un plan triennal 2017-2019 a été déployé avec l’équipement des cabinets médicaux, des EHPAD puis des établissements médico-sociaux », affirme Olivier Obrecht, directeur général adjoint de l’ARS. 200 structures ont été ainsi équipées et 2 000 professionnels reliés à une modalité de téléconsultation. « Le problème, c’est l’usage. Il y a encore des réticences des professionnels à adopter la télémédecine dans leur pratique quotidienne », ajoute Olivier Obrecht. Les ARS évoquent aussi d’autres freins : un manque d’informations des professionnels sur le dispositif, une formation pas toujours satisfaisante sur l’usage des objets connectés, une couverture technique du territoire insuffisant…

Méconnaissance de la réglementation

Malgré ces difficultés, les ARS sont mobilisées pour développer ces pratiques dans leurs régions. Les solutions sont variables selon chaque ARS. Celle des Hauts-de-France par exemple veut mettre l’accent sur l’information.  Pour permettre aux professionnels de contacter en même temps l’assurance-maladie, l’ARS et l’URPS médecins libéraux, une boîte mail partagée entre ces trois acteurs a aussi été créée par cette tutelle. En Nouvelle-Aquitaine et dans le Grand-Est, le choix s’est orienté vers un guichet unique pour accompagner et informer les professionnels de santé.

La formation des professionnels fait aussi partie des solutions incontournables. C’est déjà une réalité dans les facultés de médecine de Caen (Normandie) et dans le Grand-Est en formation initiale.

La route est certes longue mais toutes veulent y croire.

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