La Biotech Moderna à portée de seringue d’un vaccin contre le Covid

L'Echo - Extrait - 15 juillet 2020

Dirigée par le Français Stéphane Bancel, la Biotech américaine Moderna s’apprête à lancer la phase finale des tests cliniques d’un vaccin contre le Covid-19.

En mars dernier, la biotech américaine Moderna Therapeutics avait été la première au monde à lancer des tests cliniques d’un vaccin contre le Covid-19. Le 27 juillet prochain, la phase finale de ces essais permettra de tester l’efficacité d’un vaccin en conditions réelles. Les résultats préliminaires sont prometteurs.

Si Moderna a pris une longueur d’avance sur les autres, elle le doit à l’audace et à la rapidité de réaction de son CEO, le Français Stéphane Bancel, qui a fondé la société en 2011. Dès janvier, celui-ci avait surpris son staff en claironnant qu’il fallait mettre au point un vaccin contre le coronavirus, alors circonscrit à la Chine. Les faits lui ont donné raison.

La suite, c’est la mise au point à vitesse accélérée d’un vaccin. Les premiers tests cliniques de phase 1 démarrent le 16 mars auprès de 45 personnes, à Seattle. « Notre laboratoire mise sur une stratégie innovante, fondée sur l’ARN messager », explique Stéphane Bancel au Figaro.

Contrairement à de nombreux vaccins qui inoculent au patient une version désactivée du virus, l’ARN messager permet d’envoyer un message au corps pour qu’il fabrique lui-même ses anticorps, permettant ainsi de déclencher une réponse immunitaire.

Contrairement à de nombreux vaccins qui inoculent au patient une version désactivée du virus, l’ARN messager permet d’envoyer un message au corps pour qu’il fabrique lui-même ses anticorps, permettant ainsi de déclencher une réponse immunitaire.

Si Moderna connaît un essor spectaculaire, sa communication déficiente, dans les publications scientifiques notamment, a déjà suscité plus d’un froncement de sourcils. En 2016, une enquête du site américain d’information scientifique Stat pointait la culture du secret entretenue par son CEO, un homme décrit comme « dévoré par l’ambition ». Ce à quoi Stéphane Bancel rétorque que les traitements en cours de développement vont « changer le monde » lorsqu’ils seront au point.

« Pour le Sras (en 2003, NDLR), il avait fallu 20 mois entre la disponibilité de la séquence génétique du virus et le démarrage des premiers essais cliniques. Pour le Covid-19, nous avons mis 63 jours. C’est lié à la technologie de Moderna, qui est très innovante », expliquera Stéphane Bancel à la télévision canadienne.

Place donc à la dernière phase. Si les résultats sont à nouveau positifs, Moderna espère disposer dès cet automne d’un vaccin qui pourrait, dans un premier temps, être administré à des groupes limités, par exemple les personnels de santé.

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