La Cnil valide la création de l’entrepôt de données de santé du CHU de Lille

Tic Santé- Extrait - Septembre 2019

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a validé la conformité de l’entrepôt de données de santé (EDS) du CHU de Lille au règlement général européen sur la protection des données (RGPD), a annoncé l’établissement de santé dans un communiqué le 11 septembre.

Cette décision a été rendue à l’issue d’une commission de délibération de la Cnil qui s’est tenue le 5 septembre. Elle autorise ainsi le CHU lillois à mettre en oeuvre le traitement des données à caractère personnel dans le cadre de l’EDS et « lancer leurs premières études », ont expliqué les Drs Grégoire Ficheur, Vincent Sobanski et Didier Theis, coporteurs du projet Include.
Le CHU de Lille devient ainsi le troisième établissement de santé à décrocher cette autorisation après l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) -avant l’entrée en vigueur du RGPD- et le CHU de Nantes, en 2018.
Le projet Include, porté en partenariat avec l’université de Lille et avec le soutien de la métropole européenne de Lille (MEL), a été lancé « il y a 18 mois ».
Il repose sur la constitution d’un EDS et l’utilisation d’un serveur de calcul intensif exécutant des algorithmes d’apprentissage de type machine learning (apprentissage machine) et deep learning (apprentissage profond) pour réaliser des modèles prédictifs. L’exploitation en routine de l’EDS est prévue « dès janvier 2020 » et « elle permettra d’exploiter les données à partir d’outils de recherche sémantique, en regroupant l’ensemble des informations médicales », a-t-il complété. Concrètement, « l’EDS accueillera des données diverses : courriers médicaux, comptes rendus d’imagerie médicale, comptes rendus d’anatomopathologie, prescriptions médicales, les données PMSI depuis 2008, avec une mise à jour quotidienne des données », a expliqué le Dr Grégoire Ficheur à TICsanté.
Dans « un second temps », les coporteurs du projet souhaitent intégrer à l’EDS d’autres données « comme des images ou des vidéos ».

Recherche et amélioration de la qualité des soins

L’objectif de cet EDS est de « devenir un guichet unique de données » pour « faciliter la collaboration entre les industriels et le monde académique ».
« Notre établissement a fait le choix d’installer une gouvernance avec, notamment, la mise en place d’un comité scientifique et éthique », a souligné le Dr Sobanski.
Dans les usages, « deux grands axes se dégagent » parmi les premiers projets qui pourraient éclorent : la recherche clinique et « l’amélioration de la qualité des soins », a-t-il noté.
Pour la recherche, l’équipe du projet Include a imaginé plusieurs cas pratiques d’usages : constitution de cohortes de données populationnelles pour suivre l’observance médicamenteuse, constitution de jeux de données destinés à entraîner des algorithmes d’intelligence artificielle…

Le projet Include est porté par une équipe « interdisciplinaire » de huit personnes et son budget global est de 2,2 millions d’euros.

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