La révolution de la télémédecine : la santé au bout du clic

Les Echos-Extrait - 8 janvier 2019

Rappel : Depuis le 15 septembre dernier, l’Assurance-maladie et les syndicats représentant les médecins libéraux ont signé un accord qui permet la prise en charge des téléconsultations comme n’importe quel rendez-vous chez un médecin traitant, sous certaines conditions.

Restée longtemps confidentielle, la télémédecine bouleverse aujourd’hui le monde de la santé. Téléconsultation, télé-expertise, téléconseil, télésurveillance : une  dizaine de sites se partagent déjà un marché qui s’annonce florissant 

En janvier, le leader de la prise de rendez-vous médicale Doctolib se lance sur le marché de la téléconsultation. C’est le dernier arrivé dans un secteur qui se structure à grande vitesse. Les quelques 40.000 médecins inscrits sur le site pourront désormais faire apparaître une fenêtre de consultation virtuelle à destination de leur patientèle. Son arrivée va sans doute accélérer la structuration du secteur.

Tout est traitable… en théorie

Concrètement, l’accord permet au patient de se connecter directement à son médecin ou d’être aidé dans sa démarche par un professionnel de santé (infirmier, pharmacien) via un simple écran d’ordinateur ou un smartphone. La consultation donne lieu à l’établissement d’une feuille de soins envoyée directement à la caisse d’assurance-maladie par le praticien. A partir de février, le médecin pourra également demander l’avis d’un confrère spécialisé et cette forme de télé-expertise sera également prise en charge par l’Assurance-maladie.

Cadre flou du remboursement

Mais derrière la révolution du service médical, une vraie bataille se livre en coulisses. Car l’avenant 6 de l’accord comporte un énorme flou. En théorie, la téléconsultation est remboursable si elle s’inscrit « dans le parcours de santé » du patient, à savoir si elle est réalisée soit par votre médecin traitant, soit par un médecin auquel il vous a adressé. Cette limitation aurait pu doucher les enthousiasmes des start-up médicales, sauf que le principe négocié entre la CNAM et les syndicats de médecins comporte plusieurs exceptions. En effet, la téléconsultation peut être remboursée hors du parcours de soins si elle a lieu auprès de spécialistes que l’on peut déjà consulter en direct (ophtalmologues, psychiatres, etc.) ; mais aussi si « les patients ne disposent pas de médecin traitant ou dont le médecin traitant est indisponible dans le délai compatible avec son état de santé » ; ou encore si le patient est âgé de moins de 16 ans ; et bien entendu dans les situations d’urgence.

Temps médical

Quoi qu’il en soit, la CNAM « ne croit pas à un effet de bascule considérable », car la téléconsultation « ne crée pas de temps médical supplémentaire». En clair, la téléconsultation ne verra pas exploser les dépenses de santé, car elle devrait remplacer temps pour temps une consultation présentielle.

Mais la téléconsultation peut avoir un coût pour les medecins. En tout premier lieu, parce que l’échange de données médicales – des analyses à l’ordonnance – doit être hautement sécurisé. La plupart des plates-formes se chargent de la confidentialité via des hébergeurs agréés de données de santé comme OVH. A priori, elles ne vendent pas de matériel spécifique au praticien, mais lui louent un logiciel permettant d’effectuer ses consultations de manière sécurisée et de recevoir le paiement du patient.

Un marché en rapide structuration

Le marché se structure à grande vitesse. A tel point que le 12 décembre dernier, François Lescure, président de MedecinDirect, a eu l’idée de réunir les principaux acteurs du secteur dans le but de réfléchir à la mise en place d’une Fédération. « L’idée est de nous regrouper afin d’assurer notre visibilité et assurer la promotion du secteur tout en établissant des règles de déontologie et de bonnes conduite », explique l’ancien pharmacien.
Reste à savoir s’il y aura de la place pour tout le monde…

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