L’assurance maladie planche sur une plateforme pour alimenter le DMP

Tic Santé - Extrait - 17 avril 2019

A l’occasion de la 6e édition du Hacking Health Camp, la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) a dévoilé un projet de plateforme Ameli destinée à « alimenter le dossier médical partagé (DMP) avec des données issues de dispositifs médicaux connectés ou d’applications qui ne sont pas encore interconnectables avec le dossier », a expliqué Sandrine Lorne, directrice relation clients, marketing et portail Ameli à la Cnam.

Du 22 au 24 mars, s’est tenu à Strasbourg le Hacking Health Camp, l’un des plus grands hackathons santé européens. A cette occasion, plusieurs ateliers ont été animés dans les locaux de la faculté de médecine de la capitale alsacienne.

L’un d’eux était consacré aux interfaces de programmation (API) de la Cnam et, notamment, « à un nouveau projet de plateforme Ameli » présenté par Sandrine Lorne, qui s’est félicitée de « l’avance sur le digital » qu’avait son service public, avec « 80% de démarches effectuées en ligne ».

« Maintenant, il nous faut trouver comment faciliter cette relation. Pour cela, il faut simplifier l’identification/authentification, fluidifier l’expérience en ligne, encourager le partage des données de façon sécurisée et protéger l’accès aux données », a-t-elle énuméré.

Pour cela, l’assurance maladie a choisi d’intégrer la plateforme digitale de l’Etat, FranceConnect, et met à sa disposition 30 millions d’identités électroniques pour les sites « FranceConnectés » publics et privés (La Poste, impots.gouv.fr, Mutualité sociale agricole -MSA-, par exemple).

En matière de numérique, le dossier médical partagé (DMP) est le dernier programme phare de l’assurance maladie, qui œuvre à sa généralisation depuis le 6 novembre et vise les 40 millions de dossiers ouverts d’ici 2022. Les derniers chiffres font état de 5 millions de DMP ouverts à la date du 16 avril.

Outre la création du dossier, son alimentation est souvent pointée comme le vecteur de réussite de son déploiement.

C’est là que la Cnam compte intervenir. « Nous travaillons actuellement à une plateforme Ameli pour alimenter le DMP. Nous transmettrions certaines données issues des dispositifs médicaux (DM) connectés ou d’applications utiles au partage », a expliqué Jean-François Girod, responsable de la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de l’Isère.

Un « tiers de confiance »

Ainsi, à la manière d’un « tiers de confiance », la plateforme Ameli pourra verser automatiquement des données dans le DMP. « Il s’agit des données issues de DM connectés et d’applications qui ne sont pas interconnectables avec le DMP. Nous ne ferons que transmettre, nous n’aurons pas accès aux données qui restent hébergées dans l’application initiale », a souligné le responsable de la CPAM iséroise.

« Au niveau de l’utilisateur, c’est assez simple: il va se connecter à son DM connecté et à son DMP, via FranceConnect, et déléguer les consentements à Ameli qui prendra le contrôle des échanges. A tout moment, l’utilisateur peut modifier les accès et suivre les échanges », a-t-il poursuivi.

Quant aux entrepreneurs intéressés par ce service, ils devront s’assurer de proposer une application agréée par la Haute autorité de santé (HAS) et d’implémenter les API d’Ameli et de FranceConnect dans leurs développements.

Une fois la contractualisation avec la Cnam scellée et le consentement patient validé, la plateforme pourra donc verser en continu les données des DM connectés ou applications partenaires dans le DMP.

« La plateforme est encore en phase de développement, nous travaillons notamment avec la société spécialisée dans les logiciels thérapeutiques et la télésurveillance Voluntis », a indiqué Sandrine Lorne, sans communiquer de date officielle de lancement.

La plateforme Ameli (dont le développement de l’interface avec les applications e-santé est en cours) « sera mise à disposition cette année », a-t-elle précisé. D’ici là, la responsable de la Cnam prévoit encore de rencontrer « un maximum de partenaires pour déterminer précisément quelles seront les données à intégrer ».

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