Potentielle augmentation modérée du risque de cholangiocarcinome avec l’utilisation d’incrétines chez les patients diabétiques de type 2

Extrait de diabeto.net - 16 janvier 2019

Les inhibiteurs de DPPIV (iDPPIV) et les agonistes du récepteur du glucagon-like peptide-1 (aGLP1R) sont utilisés communément dans le traitement du diabète de type 2 en 2ème ou 3ème ligne.
Leur efficacité est basée sur le GLP1, une hormone incrétine qui stimule la sécrétion d’insuline de façon dépendante du glucose.

Le système incrétine pourrait être impliqué dans le développement de cholangiocarcinome, un cancer rare mais grave 

En effet, le GLP1R est exprimé sur les cholangiocytes, expression augmentée au sein des tissus de patients ayant un cholangiocarcinome intra-hépatique. Le GLP1 a été montré comme ayant des effets prolifératifs et anti-apoptotiques sur les cholangiocytes qui tapissent les voies biliaires.
Cela soulève donc la possibilité que les incrétines puissent augmenter le risque de cholangiocarcinome.
L’objectif de l’étude était donc de déterminer si l’utilisation d’incrétines, iDPPIV ou aGLP1R, était associée à une augmentation du risque de cholangiocarcinome chez les patients diabétiques de type 2.

L’étude a été conduite à partir des données d’une étude de cohorte de population obtenue dans la UK Clinical Practice Research Datalink, une base de données de médecine générale du Royaume-Uni. La cohorte inclut les adultes nouvellement traités par antidiabétiques entre 2007 et mars 2017. Les patients de moins de 40 ans étaient exclus.
L’utilisation d’incrétines était comparée avec celle d’un autre antidiabétique. Les modèles étaient ajustés à de multiples potentiels confondeurs dont l’âge, le sexe, l’obésité, le tabac, l’alcool et les co-morbidités secondaires

La cohorte a inclus 154.162 patients avec un suivi médian de 4,6 ans. Au cours d’un suivi de 614.274 personnes années, 105 cholangiocarcinomes ont été détectés soit un taux de 17.1 pour 100.000 personnes années.
L’utilisation d’iDPPIV était associée à une augmentation de 77% de l’incidence de cholangiocarcinome, avec un Hazard Ratio à 1.77 (Intervalle de confiance (IC) de 1.04 à 3.01).
Les analyses secondaires incluant la durée cumulée du traitement retrouvaient une augmentation de l’incidence mais avec un intervalle de confiance non significatif. De la même façon, les analyses spécifiques par type d’iDPPIV retrouvent un HR plus élevé pour les médicaments excrétés par voie biliaire que ceux excrétés par voie rénale mais IC non significatif.

L’utilisation d’un aGLP1R a également une augmentation d’incidence mais rendue non significative par un intervalle de confiance large. Le faible nombre d’évènements sous aGLP1R (N=7) ne rend pas possible une analyse selon la durée ou le type d’aGLP1R.
Dans l’analyse de pharmacovigilance, l’utilisation de iDPPIV et aGLP1R était associée dans les 2 cas à une augmentation de l’incidence de cholangiocarcinomes en comparaison de l’utilisation de sulfamides ou thiazolidinediones (OR de 1.63 et 4.73 respectivement). A l’inverse, l’utilisation d’analogues de l’insuline de longue action n’était pas associée au risque de cholangiocarcinomes.

En conclusion, dans cette large étude de cohorte, en comparaison des autres antidiabétiques, l’utilisation de iDPPIV et potentiellement de aGLP1R, pourrait être associée à une augmentation du risque de cholangiocarcinomes chez des adultes diabétiques de type 2.

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